Projet de recherche
De la performance à l'utilité de l'économie :
analyse à l'aune des identités épigénétiques par zone climatique
Intérêts de cette recherche :
- Présenter l'étendue du potentiel de l'ISSH
- Recadrer la fonction de l'économie
- Proposer une alternative au paradigme économique dominant, le paradigme post-néoclassique (paradigme néolibéral)
- Bâtir les bases d'un modèle économique à partir de l'identité épigénétique des populations des zones tropicales
- Comprendre les mécanismes de l'échec de la performance économique du paradigme dominant
- Théoriser la corrélation entre l'identité du paradigme dominant et le réchauffement climatique
Champ d'étude interdisciplinaire : biologie, épigénétique, naturalisme, sciences cognitives, économie politique
Durée : 17 ans, dont 14 ans de prérecherche accomplis ; durée réelle : 3 ans
Universités d'accueil et associées : Je lance un appel à l'UCAD (Université Cheikh Anta Diop de Dakar) pour le soutien et l'hébergement de ces recherches. Un appel est aussi lancé, pour une participation active, au King's College London (laboratoire d'épigénétique) et à l'University of Edinburgh (Sciences cognitives).
Commentaire : Si cela plaît aux autorités de l'UCAD, en parallèle de ces recherches spécifiques, nous pourrions envisager la création d'un institut de recherche en ingénierie des sciences sociales & humaines. La spécificité de l'ingénierie porte ici sur l'ancrage de la biologie comme fondement de la construction des connaissances en sciences humaines et sociales.
PS : De par les consistances qualitative et quantitative, ces recherches pourraient faire de l'UCAD un hub et une référence mondiale des sciences sociales & humaines.
Objet de la recherche :
L'économie, comme de nombreux autres agrégats, contribue en principe à la survie et au bien-être des humains. Elle a une utilité. Pourtant, dès la fin de la seconde Guerre Mondiale, bourgeonnent de nombreuses réflexions économiques (Hayek, 1944 ; Friedman, 1963 ; Becker, 1964) visant à libérer le potentiel de la croissance économique. Dès lors, la notion de performance économique s'impose tacitement comme dénominateur commun, objectif majeur et panacée. De ces réflexions émerge une doctrine spécifique qui, plusieurs décennies plus tard, deviendra le paradigme dominant dans toute la planète : le paradigme de l'économie post-néoclassique (Ansperger, Full-Spectrum Economics, 2010), couramment appelé paradigme néolibéral. Autant la performance économique est un objectif structurel pour la création de richesses, autant la performance de ce paradigme se pose objectivement comme un écueil au bien-être des humains, voire à la survie des espèces vivantes. Précisément, ce paradigme pervertit la fonction ou la finalité de l'économie : il remet en cause la notion d'utilité de l'économie ; autrement dit, la performance du paradigme Post-NéoClassique (PNC) est nuisible à l'humain. Les meilleures ressources intellectuelles et méthodologiques pour comprendre méthodiquement cette nuisibilité se trouvent dans … l'identité épigénétique des peuples. Notons que les paramètres de nuisibilité varient en fonction des zones climatiques. Alors, faisant écho à un oxymore, comment une performance économique peut-elle être nuisible ? Quelles sont les solutions, tant pour les peuples des zones tropicales que tempérées ?
Le problème de la performance du paradigme PNC
Suivant l'identité du paradigme économique dominant, la notion de performance économique est fondamentalement connotée. En effet, cette notion est un train de valeurs mû par des caractères psychiques spécifiques tels que la compétition, l'égoïsme, l'accumulation, l'avidité, la convoitise, l'impatience, etc. Pour l'essentiel, ces caractéristiques sont souvent résumées par l'expression : rationalité économique (Stiglitz, Principes d'économie moderne, 2004)[1]. Nous pouvons démontrer que cette performance est structurellement nuisible à toutes les sociétés de la planète, mais selon les configurations de leurs identités épigénétiques. Pour ce faire, la méthodologie la plus adaptée repose sur la distinction des groupes humains par zone climatique. De cette distinction, dans les prérecherches, nous avons déjà extrait tous les enseignements liés à l'influence du climat sur le comportement par zone climatique. Nous allons considérer la zone tempérée et la zone tropicale, les deux zones les plus riches en enseignements, mais aussi les plus antagonistes. Voici les hypothèses que nous formulons et qui seront testées.
- La performance du paradigme PNC est compatible avec l'identité épigénétique des peuples issus des zones tempérées. Elle leur permet de créer d'immenses quantités de richesses, mais s'inscrit dans une logique de croissance perpétuelle. Nous pouvons démontrer que cette logique repose sur une fréquence élevée de libération du potentiel du désir humain, stimulée de manière concomitante par l'exacerbation de la force du déterminisme biologique ; dans l'architecture cognitive, cette exacerbation inhibe mécaniquement la morale et, donc, la raison. Par cette inhibition, la performance économique du PNC, planifiée pour une croissance perpétuelle, traverse sans ménagement le point optimal au-delà duquel elle devient contreproductive au bien-être des Êtres humains, voire des Êtres vivants. C'est ce mépris du stade de l'optimalité qui explique, principalement, le réchauffement climatique, l'exacerbation progressive des inégalités intra-zonales, l'exacerbation progressive de la violence, l'installation sournoise d'un totalitarisme « soyeux » dans les sociétés occidentales démocratiques (totalitarisme induit par le déterminisme biologique et reposant sur une illusion de bien-être associé à la libération du potentiel du désir humain ; « soyeux », parce que l'individu participe volontiers, mais sans s'en rendre compte, à sa propre servitude et s'y complaît), etc. Le grand problème avec cette performance encombrante est qu'elle impacte négativement au-delà des sociétés tempérées avec, rappelons-le, le réchauffement climatique.
L'enjeu pour ces peuples des zones tempérées sera de revenir vers le point optimal de la performance. Ceci passe nécessairement par un changement de paradigme.
- La performance du PNC, voire des paradigmes précédents (Smithien, Ricardien, etc.), n'est absolument pas compatible avec l'identité épigénétique des peuples appartenant aux zones tropicales. Chez ces peuples, le niveau d'accumulation des automatismes à la compétition, à l'égoïsme, à l'avidité, à l'accumulation, à l'impatience, etc. est fondamentalement très faible. Pour chacune de ces deux zones, ces différences sont façonnées par les conditions climatiques spécifiques en autarcie. Nous les expliquons méthodiquement dans les supports intellectuels de ce projet. Par conséquent, il faut s'attendre à ce que l'adoption de la performance du PNC, voire celles des paradigmes précédents, par les peuples des zones tropicales soit un obstacle majeur à leur développement économique et à leur cohésion sociétale dans un contexte de mondialisation néolibérale. Concrètement, l'imposition de cette performance (Conditionnalités du FMI, 1980-1995) à ces peuples, dans un contexte de mondialisation néolibérale, ne peut qu'exacerber les inégalités avec les nations des zones tempérées, limiter leurs développements économiques, voire accroître structurellement la pauvreté et renforcer la trappe de pauvreté. Dans tous les cas, la grande tendance de cette imposition, "implicitement", est à la création de la dépendance économique de ces peuples par rapport à ceux des zones tempérées. De ces points de vue, la performance du PNC est aussi contreproductive pour les peuples appartenant aux zones tropicales.
L'enjeu pour les peuples des zones tropicales sera donc de théoriser une performance économique adaptée à leur identité épigénétique et de fixer, par conventions, les critères spécifiques d'une mondialisation économique.
[1] Joseph Stiglitz & Carl Walsh, Principes d'économie moderne, 2e édition, p.28, 2004.
